Articles

Affichage des articles associés au libellé Fragments

Bavardages

Image
Ma mère aime se souvenir d'une petite aventure vécue dans mon enfance. Nous étions en vacance en Méditerranée et nous rentrions de la plage. Nous marchions côte à côte et moi, je devais avoir sept-huit ans, la tête baissée, mes petits yeux myopes rivés sur mes sandales, je parlais, je parlais, je parlais. Ma mère, comme à son habitude, n'écoutait pas. Elle subissait patiemment. Quand tout à coup ! le silence. Se retournant, elle m'aperçut par terre, la main sur le crâne. Je m'étais pris un panneau en béton, ce qui avait eu pour effet de me faire taire sur-le-champ. Ce fut, à l'en croire, un des plus grands fous rires de sa vie. Bien sûr, après m'être fait plaindre et consoler par ma grand-mère, je boudais toute la soirée. J'ai toujours aimé parler. J'ai toujours été loquace. D'ailleurs, aujourd'hui encore, je "n'écris pas", je consigne mes bavardages. Me lire c'est m'écouter radoter. Mon plus fidèle auditeur reste cependant ...

Fonds de tiroirs

Image
C'était rigolo les petites annonces quand ça existait encore. J'aimais bien faire rire Elodie, qui vivait avec moi en cette lointaine époque, en interprétant celles du journal local de notre ville avec des voix tordues et caricaturales. Par exemple je prenais un ton de vieux bonhomme, qu'on imaginait hirsute, édenté et sale et je lançais : "Jeune Homme, 75 ans ! cherche p'tite pouliche bien roulée pour rodéo endiablé !" Elodie, bonne enfant, bon public et parfaite amie, éclatait alors de rire. * Les imbéciles, "qui se croient innocents mais qui sont en réalité les pires des ordures" comme aimait le répéter mon professeur, passent leur temps à vous juger et à vous condamner pour des crimes que vous n'avez pas commis. Par contre, si vous émettez, du bout des lèvres et de l'humour noir, la moindre remarque ou observation, sarcastique, drôle et bien sentie, sur leur conduite de brigands, de vauriens et de moins-que-rien, leur inimitié fanatique v...

Plus belle

Image
Je crois que fréquenter les poètes rend mon âme meilleure. Par meilleure j'entends "plus belle". 

Nihil humanum mihi alienum puto

Image
Jeune homme, agaçant petit singe fanfaron, j'avais lu et fait mienne - lue je-ne-sais-où, sous la plume de je-ne-sais-qui - cette phrase que j'aimais bien répéter : "Rien de ce qui est humain ne m'est étranger." Cela, sans doute, pour bêtement et crânement signifier que j'étais moi aussi l'Homme universel , celui qui porte l'Humanité toute entière - ses innombrables vices tout autant que sa grandeur - en lui.  Aujourd'hui cependant, quand je regarde le monde, les hommes autour de moi, quand j'observe les divers agissements de mes contemporains, ausculte leurs motivations et contemple, désolé, l'absurdité de leur comportement, je penserais plutôt le contraire : A peu près tout chez ces étranges anthropoïdes peuplant la Terre m'est incompréhensible, radicalement étranger. Totalement largué et déconnecté du monde, je ne me reconnais plus qu'en quelques rares êtres solitaires, indolents, pacifiques et bons...

Stéphane

Image
Mon cousin Stéphane était un garçon très dissipé. Je l'étais aussi mais lui savait mieux cacher son jeu, il était plus rusé que moi. Il maîtrisait admirablement l'art de l'esquive et de l'enfumage quand moi je fonçais, naïvement, tête baissée. Mes tantes et grand-mère, ne s'embarrassant ni de nuances ni de scrupules, ne punissaient et ne grondaient donc que moi. Stéphane aimait me rendre fou. Il s'appropriait mes jouets par exemple ce qui me mettait dans des colères folles et le faisait jubiler. Il séduisait aussi mes petits camarades qui devenaient alors les siens, me laissant seul et désespéré... Son rire cependant était éclatant, très sonore, et d'une franchise dont seuls peuvent faire preuve les enfants. Je crois me souvenir, mais cela est tellement vieux, que nous nous touchions un petit peu dans son lit, lors des nuits chez ma tante. Par contre, je me rappelle avec exactitude du petit spectacle pervers qu'il me fit un jour de visite, à genou, nu da...

Bonheur en mineur

Image
J'ai toujours aimé écrire. Ou plutôt créer . Des bidules, des machins. J'ai eu très tôt la manie de l'expression. Comme je ne savais rien faire de mes dix doigts, je n'étais pas bricoleur, c'est naturellement que je me dirigeais vers l'écriture, le dessin. Ma mère a conservé quelques vieux cahiers de mon enfance. J'y collais des images, sur lesquelles je passais du feutre, écrivant en marge de petits slogans drolatiques. Adolescent, je commençais mille romans que j'abandonnais toujours après deux ou trois phrases. Je voulais créer, oui, c'est vrai, mais je ne savais pas quoi. Mon professeur, à qui je faisais lire quelques pages de mes carnets me conseillait : "Ce n'est pas encore ça. Demandez-vous sérieusement pourquoi vous ne finissez jamais un texte..." Je n'aimais pas mon écriture. Ecrire à la main me demandait trop d'efforts, je détestais ça. Ma pensée, ma parole, courant toujours plus vite que ma plume, je perdais rapidemen...

Vivement la fin du monde (audio)

Image
Quelques extraits de Vivement la fin du monde de Maxime Maximoff lus (maladroitement) par l'auteur.  Livre encore en vente sous le manteau dans tous les quartiers louches. (si mon éventuel auditeur souhaitait m'en faire un petit retour par commentaires, même s'il n'aime pas trop, je serais heureux de le lire :)