On ne peut pas plaire à tout le monde
Laurette admirait sa soeur ainée, une jeune femme qui travaillait dans le lyrique. Toute sa jeunesse, à ce que je compris, elle l'avait passée dans son ombre. Un jour, elle nous présenta. Si Laurette était le genre de fille à m'aimer d'emblée, à m'adopter tout de suite, à tout me passer, me pardonner avec tendresse et amitié - je la faisais rire -, l'autre était l'exact contraire. Immédiatement, elle me détesta. C'était ce genre de meufs, sérieuses comme des ministres, au melon phénoménal, pincées, coincées du cul et mal baisées notoires que ma présence, ma seule existence, rendait furieuses. J'en ai croisé pas mal dans ma vie de ces harpies furibardes, revêches comme de vieilles institutrices, qui me vouaient d'instinct une haine viscérale. On ne peut pas plaire à tout le monde et, finalement, c'est tant mieux. Laurette et moi