Il n'y avait que les vieux et les moches qui tentaient, lourdement, quelque chose avec moi. Les hommes qui me plaisaient, eux, ne faisaient jamais le premier pas. Ni même le deuxième d'ailleurs. Ils étaient passifs, cois comme des carpes. Je n'étais pas assez beau, je crois, pour susciter en eux une grande passion, ni même, à priori, un mouvement quelconque. C'était toujours à moi de gravir l'Everest, de me farcir tout le boulot de la séduction. Et pour un résultat, je le confesse, souvent décevant. Mitigé. Tiède. Vers la fin, l'envie, le goût de la conquête m'avait quitté. Je me laissais doucement gagner par la flemme, la torpeur, l'amertume. Je n'insistais plus, n'allais plus vers quiconque, et c'est comme cela, qu'au fil du temps, plus personne ne se soucia de moi.