Adolescent, j'emmenais les magazines de vidéocassettes de mon père au collège. Magazines que nous feuilletions, mon p'tit copain David et moi, entre les cours. Dans ces revues, il était annoncé, répertoriées tous les mois, les sorties en vidéoclubs. Bien sûr, nous nous attardions plus volontiers sur les pages des films pornos. C'est là que, petit enfant candide, apprenant la dureté et la laideur du monde, je découvrais, prés de la photo d'un très jeune homme blond, imberbe et gracile, nu au milieu d'une assemblée transpirante de gros blacks musclés, l'expression "Trou sur pattes." C'est ainsi que le décrivait le synopsis du film. J'en fus - j'étais très jeune - un peu choqué, touché, bien que confusément. Ce jeune garçon, cet être humain, était résumé, réduit à un trou... Voilà ce qu'il était, et rien d'autre, aux yeux de beaucoup d'hommes : un trou sur pattes . J'y pensais, cafardeusement, en dessinant pendant les cours. Pa...