A mon dernier trépas

J'auscultais mon coeur tout à l'heure. Je l'interrogeais.

- Est-il vrai Mauricette que tout est fini pour nous ?

Il restait silencieux, impassible, sec comme un vieux sage. Il fallait bien que je me rende à l'évidence, c'était terminé la rigolade, la super bamboche à Dédé. Plus personne ne provoquait en moi cet émoi obsessionnel, acharné et délirant qui me tenait lieu, en mes vertes années, de sentiment amoureux. Une survivance seulement ! Ma passion triste pour Nicolas n'était pas encore tout à fait éteinte, alors je lui écrivis sur son mur Instagram, au vu et au su de tous ses frétillants collègues, qu'il fallait impérativement qu'il respecte ma dernière volonté, exauce mon dernier voeu. Je le voulais absolument cul nu sur mon visage, le jour de mon dernier trépas. Et c'est dans ce cul adoré, adulé, idolâtré par ma langue maternelle, que, réconforté, consolé par sa douceur exquise, divine et éternelle, je pousserais mon plus profond, mon immortel et dernier soupir...

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