Rien n'est jamais acquis à l'homme. C'est Aragon qui l'écrivait dans un des plus beau poèmes de langue française. Un des plus connus, du moins. Et c'est vrai. J'ai beau faire profession de sagesse , de détachement, j'ai beau jouer au blasé, au type revenu de tout, qui regarde le monde avec distance et ironie, poser au cynique, froid et désabusé, me croire, avec sincérité pourtant, fini, fichu, foutu, je vois bien que la vie bouillonne encore en moi. Le p'tit mecton fougueux que j'ai été, il n'est pas mort bon sang ! Le feu de la passion irrigue toujours mes mots et déferle dans mes colères les soirs de fièvre, je le vois bien. Si demain un petit cul de vingt ans venait poser ses valises ici, et s'intéressait à moi sans mentir, mais nom de dieu, je repartirais comme en quarante ! Je cracherais au ciel, comme Grand Jacques ! Je me remettrais à boire, je claquerais toutes les portes, je resignerais pour l'enfer. C'est désolant, je sais.....