Quand j'étais enfant, jeune adolescent, j'étais amoureux de Nathalie Baye. J'adorais sa voix. J'aurais voulu qu'elle soit ma mère pour me lire des histoires le soir, comme de beaux préludes à mes insomnies. Ma vraie mère, attendrie, m'emmena donc la voir au théâtre, un soir qu'elle se produisait dans notre ville. Dans une pièce de Marivaux, je crois. A la fin de la représentation, elle insista pour que j'aille lui dire un mot. Quand ce fut mon tour de parler à la comédienne, rouge comme une pivoine, je balbutiais, les yeux sur mes chaussures : "j'ai vu tous vos films..." Et, armée de ce sourire qu'elle avait si beau et si tendre, elle me répondit, amusée et espiègle : " Ah, oui ? Vraiment tous ?"