Les rats ont envahi le monde
Au bout du compte, nous nous laissons bouffer par fatigue. La capacité de nuisance des rats, elle, reste, malgré le temps, intacte, vivace, phénoménale. Elle se nourrit de sa propre fureur. Nous, nous voilà irrémédiablement vaincus, brisés, broyés, ravagés, lessivés, épuisés. Cette lutte incessante ne nous intéresse plus, nous nous sommes lassés d'elle, de sa laideur, de sa puissance, de son entêtement, de sa bêtise, de sa violence, de son hégémonie. Les rats, sans visages, multiformes et virtuels, connaissent notre accablement, s'en repaissent et en jouissent. Ils sont vainqueurs par définition, presque par essence. Alités, anéantis, malades de rage et d'impuissance, notre ennui, notre désintérêt, notre dégoût pour cette guerre perpétuelle n'ont d'égaux que notre esclavage, notre exposition, notre collaboration forcée, subie, à son règne. *** La vie : Une longue histoire