André et moi
Je lisais Luc Ferry. Je n'ai jamais accroché à ses livres de philosophe mais j'aimais bien le professeur de philosophie. Je me souviens de l'accueil glacé que me fit un boudin binoclard dans la librairie où je demandais son Kant : "C'est un livre un peu pointu celui-là, dit-elle en me toisant de la tête aux pieds, les livres de vulgarisation c'est l'autre rayon." J'avoue, sans gêne aucune, que les livres de vulgarisation (quel vilain mot) m'ont bien aidé, à cette époque, à voir plus clair dans la pensée d'auteurs absolument inaccessibles pour moi. Allez lire du Kant ou du Hegel quand vous êtes, comme moi, l'homme le plus paresseux et le plus bête du monde ! La petite libraire ne l'avait-elle d'ailleurs pas pressenti à ma simple mise ? Ferry n'écrivait pas trop mal, il était accessible et clair. J'avais aussi entendu parler d'un de ses amis : André Comte-Sponville. Lors d'une de nos séance, j'en causais v...