Nihil humanum mihi alienum puto
Jeune homme, agaçant petit singe fanfaron, j'avais lu et fait mienne - lue je-ne-sais-où, sous la plume de je-ne-sais-qui - cette phrase que j'aimais bien répéter : "Rien de ce qui est humain ne m'est étranger." Cela, sans doute, pour bêtement et crânement signifier que j'étais moi aussi l'Homme universel, celui qui porte l'Humanité toute entière - ses innombrables vices tout autant que sa grandeur - en lui.
Aujourd'hui cependant, quand je regarde le monde, les hommes autour de moi, quand j'observe les divers agissements de mes contemporains, ausculte leurs motivations et contemple, désolé, l'absurdité de leur comportement, je penserais plutôt le contraire : A peu près tout chez ces étranges anthropoïdes peuplant la Terre m'est incompréhensible, radicalement étranger. Totalement largué et déconnecté du monde, je ne me reconnais plus qu'en quelques rares êtres solitaires, indolents, pacifiques et bons...

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