- Il n'y a rien de plus ennuyeux que la paix. Bien que personne ne souhaite aller en enfer, le paradis doit être intenable. Je me demande parfois si tout ces bonnes gens qui nous entourent ne souhaitent pas, secrètement, une bonne guerre, comme avant, bien affreuse, bien sanglante, tu vois ? Juste pour ressentir la troublante gaieté de la voir finir un jour. Un peu comme cette histoire du type qui portait des chaussures trop petites la journée, pour mieux goûter, le soir venu, le bonheur de les enlever... Rêver d'être oppressé, envahi, pour pouvoir enfin vivre la grande joie de la libération ! - C'est tellement vrai, ce que tu dis. C'est comme les gens de gauche, qui ronchonnent et qui luttent : Si demain le temps des Cerises arrivait, ils seraient tout désorientés, déboussolés. Soudain désoeuvrés, n'ayant plus rien à contester ni à dénoncer, ils se retrouveraient seuls face au grand vide du monde, de leur vie et de leur âme. Je peux t'assurer qu'ils détest...