Ma solitude
Ma solitude, vois-tu, n'a rien de nietzschéen. Ce n'est pas celle du génie, du grand homme incompris. Celle que chante Ferré dans sa chanson du même nom. Ma solitude ne se prend pas pour César ou pour Napoléon. Elle ne frime pas dans les salons, ne se pavane pas, ne s'affiche pas. Elle se joue en silence aux oreilles des chats, se mire, fraternelle, dans le regard des chiens. S'éternise aux terrasses, aux balcons de la vie, se chuchote en secret dans les ailes du vent, se pianote en mineur sur les tables du temps. Mouillée de nostalgie, enivrée de tendresse, elle a l'odeur du chagrin, la teinte des frimas, le goût amer des larmes. Ma solitude

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