Bébé Cadum

Ce que je vais confier ici va peut-être sembler pathétique aux fiers-à-bras rimbaldiens mais c'est ainsi : j'aime mon ami. Oh, pas fougueusement, sexuellement, passionnément, non, ça je l'ai déjà vécu avec d'autres par le passé, mais tendrement, affectueusement, fidèlement. 
Cette après-midi, il a eu pitié de moi et a nettoyé ma chambre à fond. Cette nuit, je dors dans des draps propres, la laine du chat à disparu de mon plancher et, dans mon état de faiblesse extrême, je suis content, reconnaissant, heureux. 
Non, je n'ai pas honte. Je n'ai jamais prétendu être un super costaud, un malabar, un cynique. Je ne suis pas le grand méchant, le mâle alpha, celui qui fait mouiller les midinettes. Je ne suis pas un rêve de jeune fille. Je n'ai pas de cheval blanc, je n'ai même pas le permis. Et il est fort probable que je finisse bébé Cadum à suçoter le sein de mon ami...

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