Si je devais être tout à fait sincère, je dirais que j'aime mon ami surtout pour l'amour qu'il me porte. Il me regarde vieillir avec bienveillance, amitié et tendresse. Son affection pour moi n'a pas l'air d'être érodée par le temps, l'usure, la fatigue ou l'habitude. Il a même encore quelquefois des sursauts de jeune amoureux : jalousie, inquiétude, impatience... J'ai de la chance, je le sais, d'être accompagné de la sorte sur le chemin de mon ultime demeure, de mon dernier sanglot.
Je suis si fatigué, si fatigué... Même le sommeil ne me répare plus. Mon corps est lourd, mon âme dérive. La moindre interaction m'épuise. Je n'ai plus la force de rassurer, consoler, cajoler. Je veux juste qu'on me fiche la paix. Avec lâcheté, je remet tout à plus tard. Les explications, les obligations, les devoirs. Cela ressemble à de la dépression et pourtant, non, je ne crois pas que ça en soit. Je ne suis pas révolté, pas en colère, ni même lassé, je n'éprouve aucun sentiment négatif, je n'ai simplement plus rien à dire. Une petite tristesse, oui, à peine perceptible, accompagne cet abattement. Je n'ai pas d'idées noires, je suis neutre. Je voudrais fuir loin du monde. M'asseoir et attendre.
Pour se débarrasser d'un désir envahissant, obsédant, importun, pour pouvoir, enfin soulagé, penser a des choses plus sérieuses, - boire, par exemple - il faut savoir être efficace ! Efficace
Elle ronchonnait au bout de son balai, et s'apitoyait sur l'échec qu'avait été son existence. "Il n'y a, à mes yeux, que deux choses qui rachètent, qui sauvent une vie, toute vie, lui dis-je alors. De sa médiocrité, de sa banalité, de son néant. Qui lui confèrent une dignité, une grandeur peut-être, voire une beauté, "après-coup". L'une est négative, et l'autre "positive", si l'on veut. C'est le suicide et l'art."
Toute notre culture se fonde sur un appétit d'achat, sur l'idée d'un échange mutuellement profitable. "Attrayant" signifie d'habitude un joli paquet de qualités qui jouissent de popularité et sont recherchées sur le marché de la personnalité. Ainsi deux personnes tombent-elles amoureuses lorsqu'elles ont le sentiment d'avoir découvert le meilleur objet disponible sur le marché, compte-tenu des limitations de leur propre valeur d'échange. Dans une culture où prévaut l'orientation commerciale et dans laquelle le succès matériel constitue la valeur éminente, il n'y a guère de quoi s'étonner que les relations amoureuses suivent le même modèle d'échange que celui qui gouverne le marché des affaires et du travail. Le véritable amour n'est possible que si deux personnes communiquent entre elles à partir du centre de leur existence... Ce n'est pas un sentiment à la portée de n'importe qui : il dépend de notre degré de maturité. ...
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