Ivre d'images
Toute notre culture se fonde sur un appétit d'achat, sur l'idée d'un échange mutuellement profitable. "Attrayant" signifie d'habitude un joli paquet de qualités qui jouissent de popularité et sont recherchées sur le marché de la personnalité. Ainsi deux personnes tombent-elles amoureuses lorsqu'elles ont le sentiment d'avoir découvert le meilleur objet disponible sur le marché, compte-tenu des limitations de leur propre valeur d'échange. Dans une culture où prévaut l'orientation commerciale et dans laquelle le succès matériel constitue la valeur éminente, il n'y a guère de quoi s'étonner que les relations amoureuses suivent le même modèle d'échange que celui qui gouverne le marché des affaires et du travail.
Le véritable amour n'est possible que si deux personnes communiquent entre elles à partir du centre de leur existence... Ce n'est pas un sentiment à la portée de n'importe qui : il dépend de notre degré de maturité.
Erich Fromm.
Le véritable amour n'est possible que si deux personnes communiquent entre elles à partir du centre de leur existence... Ce n'est pas un sentiment à la portée de n'importe qui : il dépend de notre degré de maturité.
Erich Fromm.
Explique-moi pourquoi je désire tellement une chose et quand je vais la saisir, je n'ai plus la force de la prendre, peut-être de l'aimer ?
Marcel Jouhandeau.
Marcel Jouhandeau.
La vie liquide est une vie de consommation. Elle traite le monde et tous ses fragments animés et inanimés comme autant d'objet de consommation : c'est-à-dire des objets qui perdent leur utilité (et donc leur éclat, leur charme, leur pouvoir de séduction et leur valeur) pendant qu'on les utilise. Elle façonne le jugement et l'évaluation de tous les fragments animés et inanimés du monde suivant le modèle des objets de consommation. Ces derniers ont une espérance de vie limitée et une fois cette limite passée ils ne sont plus propres à la consommation ; or, le fait d'être "propre à la consommation" étant le seul trait définitoire de leur fonction, ils sont donc complètement inadaptés - inutiles. Inadaptés, ils devraient être retirés du site de la vie de consommation afin de faire place à d'autres objets de consommation, encore inutilisés.
Zygmunt Bauman.
- Tu me racontes ta soirée ?
- Heu...
J'ai une personne svelte qui sommeille en moi, mais j'arrive facilement à la rendormir quand elle se réveille, en mangeant trois ou quatre gâteaux.
Bob Thaves.
Bob Thaves.
Le même sentiment d'inappartenance, de jeu inutile, où que j'aille : je feins de m'intéresser à ce qui ne m'intéresse guère, je me trémousse par automatisme ou par charité, sans jamais être dans le coup, sans jamais être quelque part. Ce qui m'attire est ailleurs, et cet ailleurs je ne sais ce qu'il est.
E. M. Cioran.
E. M. Cioran.
Est-il vrai qu'en un lieu au-delà de la mort quelqu'un nous aime et nous attend tels que nous sommes ?... Est-il vrai que parfois les êtres humains s'entraident, et qu'on peut être heureux au-delà de treize ans ? Certaines solitudes me semblent sans remède ; Je parle de l'amour, je n'y crois plus vraiment.
Michel Houellebecq.
Michel Houellebecq.
Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ? Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou.
Milan Kundera.
Milan Kundera.
Je parle de préférence avec de vieilles bonnes femmes qui racontent des potins de ménage, ensuite avec des fous et, en dernier lieu, avec des gens très raisonnables.
Sören Kierkegaard.
Sören Kierkegaard.
Contre l'abomination d'être pauvre, il faut, avouons-le, c'est un devoir, tout essayer, se soûler avec n'importe quoi, du vin, du pas cher, de la masturbation, du cinéma.
Louis-Ferdinand Céline.
Louis-Ferdinand Céline.
Il se sentait vivant comme il ne l'avait jamais été, grâce au vin blanc, sans doute, grâce à l'alcool dont on disait si injustement du mal en ce siècle, lui qui était l'ami de l'homme, la panacée de son âme, le complice de son corps. Comment ne pas reconnaître ses vertus : l'effet si radical, si puissant, si complice, si efficace de l'alcool ? La bienveillance du vin ? Son habileté pour alléger le poids de la vie, pour dilater le plaisir et poétiser ses impressions, l'appui qu'il donnait aux timides comme l'élan aux tristes, la gaieté aux disgracieux ? Et la démesure, aussi, qu'il introduisait dans la médiocrité générale ? Comment ne pas remercier cette béquille admirable, si apte à soulager ce qui boitait dans l'esprit humain ?
Françoise Sagan.
Françoise Sagan.
Cet ivrogne, l'autre soir, qui répétait en brandissant son verre : "J'aurai ma peau !"
Frédéric Schiffter.
Frédéric Schiffter.
Pour ne pas devenir très malheureux, le moyen le plus certain est de ne pas demander à être très heureux.
Arthur Schopenhauer.
Arthur Schopenhauer.
On vous demande comment vous avez passé la nuit et jamais comment vous avez passé l'ennui.
Hector Berlioz.
Hector Berlioz.
Je n'entraînerai jamais l'adhésion de tous, pas question de cela, rien que d'y penser m'écoeure, mais j'arriverai peu à peu à me regarder dans une glace sans voir ma gueule de travers.
Nicolas de Staël.
Nicolas de Staël.
J'ai fait cette prière : Tous ceux
rien qu'une fois, qui m'ont fait baisser la tête
je voudrais qu'ils meurent
Ishikawa Takuboku.
rien qu'une fois, qui m'ont fait baisser la tête
je voudrais qu'ils meurent
Ishikawa Takuboku.
Si les regards pouvaient enfanter ou tuer, les rues seraient remplies de femmes enceintes et jonchées de cadavres.
Paul Valéry.
Paul Valéry.
Je suis résigné à vivre comme j'ai vécu, seul, avec ma foule de grands hommes, avec ma peau d'ours, étant un ours moi-même. Je me fous du monde, de l'avenir, du qu'en-dira-t-on, d'un établissement quelconque. Voilà comme je suis ; tel est mon caractère, mon caractère est tel.
Gustave Flaubert.
Gustave Flaubert.
Nul ne peut voir par-dessus soi. Je veux dire par là qu'on ne peut voir en autrui plus que ce qu'on est soi-même, car on ne peut saisir et comprendre un autre que dans la mesure de sa propre intelligence.
Arthur Schopenhauer.
Arthur Schopenhauer.
Mon désarroi est tel que j'ai toujours demandé aux plus beaux yeux d'être intelligents, et les êtres qui m'ont hanté m'ont hanté comme des pensées...
René Crevel.
René Crevel.
On n'aime bien moins dans une personne tel ou tel de ses avantages, que la tonalité et l'intensité d'une attente. Non pas ce dont elle nous éblouit, mais ce dont elle nous bouleverse. Sans doute Platon avait-il bien vu que tout amour naît d'un manque, d'une perte, de quelque carence ou de quelque indigence primordiale. Aussi avait-il cru, confondant le désir et le besoin, que nous aimons ce qui nous manque, comme la faim nous fait aimer le pain. Si quelque personne nous fascine, pensait-il donc, c'est parce qu'elle nous semble posséder tout ce qui nous manque. C'est oublier que nous sommes bien moins émus par ce que nous percevons que par ce que nous imaginons, et qu'une personne est bien moins aimée pour les qualités que nous y admirons que par la secrète attente que nous devinons en elle et que nous voudrions combler. Ce que j'aime en elle, c'est donc moins sa beauté que sa blessure.
Nicolas Grimaldi.
Nicolas Grimaldi.
Enjouée, lascive, sentimentale ou perverse, la nymphette, quintessence de la féminité, incarne toutes ses postures avec une grâce qu'elle ne retrouvera plus. Le temps ne lui épargnera rien : bientôt, elle sera une femme, quelle déchéance, ou pire encore : une mère. Divine, elle appelle au sacrilège. D'instinct, elle sait ce que les hommes lui veulent et ce que lui reprochent les femmes. Elle est indomptable, car elle ignore encore la culpabilité et la finitude.
Roland Jaccard.
Roland Jaccard.
Sa séduction sera implacable. S'il ne tenait qu'à moi, j'en ferais un héros fatal comme je les aime. Fatal, c'est-à-dire décidant du sort de ceux qui le regardent, médusés.
Jean Genet.
Jean Genet.





























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