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Fugue

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Vivre seul, en retrait, un peu à coté du monde, de ses pompes et de la vie, cela détache. Des hommes grossiers qui guerroient, qui bataillent et qui luttent en permanence. On devient un peu impuissant, un peu cloche, un brin délavé comme style de gars. Y a pas plus paisible qu'un naufragé, qu'un abandonné de la vie. Alors que le monde court à sa perte, le vagabond suit l'infernale débâcle en sifflotant. Musardeur dilettante, voleur de rêves et d'occasions, il attend calmement. Il attend à vide . A peu près rien, à peu près rien du tout. Lors des défilés, vous l'apercevrez peut-être. Il rira : Vive la sieste !

Oreilles

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Mad Max et moi

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Deliha amoureuse

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Je reviendrai (Interlude)

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Qu'est-ce que c'est dégueulasse ?

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Jean Seberg et le chanteur de rue

LOSER

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Seul sur la Terre

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Tu t'appelles comment ?

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J'te taillerais bien les veines... * J'te sucerais bien les doigts... *  J'te fum'rais bien l'cigare... * J't'aspirerais bien les lèvres... * J'te plum'rais bien la tête... * J'te hum'rais bien les pieds... * J'te boufferais bien le ... *** Tu t'appelles comment ?

Réel en fuite

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Après le divorce d'avec mon père, ma mère mit longtemps à se reconstruire. Puis, elle tomba profondément amoureuse d'un homme. Un solitaire, un ours , comme elle disait, amateur de nature, de grands espaces et de montagne. Il l'emmenait partout avec lui, en randonnées diverses, dans des gites... Je crois que leur relation était aussi très charnelle. Elle l'avait dans la peau. Moi, il ne pouvait pas m'encadrer. Il me broyait la main pour me saluer, m'adressait à peine la parole lors des rares soirées qu'il passait chez nous. Inimitié que je lui rendais bien volontiers et avec zèle. Ma mère le quitta d'ailleurs pour cette raison : son fils passait avant son histoire d'amour. Ce fut lui qui m'offrit mon premier disque de Léo Ferré.  Un soir, nous écoutions la radio dans le salon, pendant que ma mère préparait le repas, quand une chanson d'Ophélie Winter passa. Je pensais que les chansons de la starlette la définissaient bien. Il ricana méchammen...

Pas très clair !

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Ma mère était très remontée tout à l'heure. Son frère, mon oncle, vit avec une femme toxique, une mégère qui lui a pourri la vie et continue sur ses vieux jours. Personne, à commencer par lui, ne peut l'encadrer cette bonne femme. Et voilà ma mère, comme tous les mercredis, me racontant ses nouveaux méfaits en confectionnant une omelette au fromage. Cela fait maintenant des années que le disque tourne en boucle et je m'étonne, un brin agacé, qu'il ne l'ait pas encore quitté. Vivre avec son bourreau, il doit quand même un peu y trouver son compte, lui dis-je. Depuis tant d'années, mince !  Mon oncle a connu cette fausse blonde à la poitrine opulente, j'étais encore marmot, je devais avoir sept ou huit ans, et déjà elle défrayait la chronique familiale. Je la soupçonne même, en ces temps glorieux ou nous étions leurs voisins, mes parents et moi, d'avoir couché avec mon père, lors de leurs après-midis de chômeurs. Le soir, quand nous rentrions, ma mère, du ...

Variation

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La réponse de Catherine Lara à la question insidieuse de Denisot : "Que regardez-vous en premier chez un homme ?" - "Sa femme !" n'était pas seulement drôle et maline, elle était aussi profonde. C'est vrai que le choix de la personne avec laquelle on vit, partage notre quotidien, en dit assez long sur nous. Mais, à la rigueur, on pourrait dire cela d'à peu près tout nos choix, tout nos goûts. Tout est signifiant, comme dirait l'autre. Et puis rien. Car il doit exister, en tout homme, je l'espère, une part d'échappée belle, de pas sur le coté, de liberté qui nous affranchit de tout ce qui nous lie, nous définit, nous englue dans la pâte amère du réel. Mon ami est adorable, et il est fort probable que nous finissions notre petit passage sur terre collés l'un à l'autre, mais notre compagnonnage est surtout le fruit du hasard, je penserais même, du malentendu. Les choses arrivent et puis c'est tout comme dirait peut-être Céline. On ne...

Dans le dix mille

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Elle croit m'en remontrer avec ses phrases bien tournées, assassines, au vitriol - Ha ha ha ! ça, c'est bien envoyé Marinette ! - sauf que je lui ai déjà répondu, moi. Il y a dix ans maintenant. C'est publié, c'est trouvable. Alors je baille, patient, je souris, aimable, silencieux, un brin lassé par cette nouveauté éventée, par ce clash dépassé, et m'en reviens dans le futur, là où je vis aujourd'hui. Sans elle.

C'est quand qu'on va où ?

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Carla Bruni pense que les vrais gens ont une vie de rien . Alors que sa vie à elle, avec Nicolas Sarkozy, ce n'est pas rien. On se demande parfois ce qui lui a tant plu chez le marchand de tapis hongrois. Sa Rolex à cinquante ans ? Son maniement du Karcher dans les banlieues ? Son travailler toujours plus pour gagner toujours moins ? Mystère et boule de conne. Toutefois, en dépit de ses errances, cette longue chatte minaudeuse fredonne plutôt joliment, et c'est cela qui est tant agaçant : Alors que nous voudrions la mépriser une fois pour toutes et l'oublier pour de bon, nous ne pouvons nous empêcher d'être charmé quand nous croisons, au détour d'un disque ou d'une compil, son petit filet de voix cassée. C'est quand qu'on va où ?

Tu n'es plus triste sur ton île (sans amour on n'est rien du tout)

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Et comme le disait pépé Arthur : Toute notre vie oscille comme un pendule  de la folie à la sagesse,  du grand Malheur au petit bonheur,  de la souffrance à l'ennui. Tu n'es plus triste sur ton île Sans amour on n'est rien du tout La vie n'est que de l'ennui ou de la crème fouettée. Voltaire. Sans amour ce serait la fin du monde

Un scandale !

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Rien n'abrutit plus que le bonheur. J'ai toujours eu les gens heureux en horreur. Leur gaité, leur frivolité, leur insouciance me provoquaient des ulcères. Me voici depuis peu l'un d'eux. Conciliant, aimable, doux, tolérant et bon, je serais presque fréquentable. C'est un scandale, une honte ! * * * Où il est question de béatitude

Ivre d'images 23

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Le Décaméron

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Un après-midi plaisant

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Bonheur en mineur

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J'ai toujours aimé écrire. Ou plutôt créer . Des bidules, des machins. J'ai eu très tôt la manie de l'expression. Comme je ne savais rien faire de mes dix doigts, je n'étais pas bricoleur, c'est naturellement que je me dirigeais vers l'écriture, le dessin. Ma mère a conservé quelques vieux cahiers de mon enfance. J'y collais des images, sur lesquelles je passais du feutre, écrivant en marge de petits slogans drolatiques. Adolescent, je commençais mille romans que j'abandonnais toujours après deux ou trois phrases. Je voulais créer, oui, c'est vrai, mais je ne savais pas quoi. Mon professeur, à qui je faisais lire quelques pages de mes carnets me conseillait : "Ce n'est pas encore ça. Demandez-vous sérieusement pourquoi vous ne finissez jamais un texte..." Je n'aimais pas mon écriture. Ecrire à la main me demandait trop d'efforts, je détestais ça. Ma pensée, ma parole, courant toujours plus vite que ma plume, je perdais rapidemen...

Une jeunesse stupide

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