Si je devais être tout à fait sincère, je dirais que j'aime mon ami surtout pour l'amour qu'il me porte. Il me regarde vieillir avec bienveillance, amitié et tendresse. Son affection pour moi n'a pas l'air d'être érodée par le temps, l'usure, la fatigue ou l'habitude. Il a même encore quelquefois des sursauts de jeune amoureux : jalousie, inquiétude, impatience... J'ai de la chance, je le sais, d'être accompagné de la sorte sur le chemin de mon ultime demeure, de mon dernier sanglot.
Je suis si fatigué, si fatigué... Même le sommeil ne me répare plus. Mon corps est lourd, mon âme dérive. La moindre interaction m'épuise. Je n'ai plus la force de rassurer, consoler, cajoler. Je veux juste qu'on me fiche la paix. Avec lâcheté, je remet tout à plus tard. Les explications, les obligations, les devoirs. Cela ressemble à de la dépression et pourtant, non, je ne crois pas que ça en soit. Je ne suis pas révolté, pas en colère, ni même lassé, je n'éprouve aucun sentiment négatif, je n'ai simplement plus rien à dire. Une petite tristesse, oui, à peine perceptible, accompagne cet abattement. Je n'ai pas d'idées noires, je suis neutre. Je voudrais fuir loin du monde. M'asseoir et attendre.
Pour se débarrasser d'un désir envahissant, obsédant, importun, pour pouvoir, enfin soulagé, penser a des choses plus sérieuses, - boire, par exemple - il faut savoir être efficace ! Efficace
Elle ronchonnait au bout de son balai, et s'apitoyait sur l'échec qu'avait été son existence. "Il n'y a, à mes yeux, que deux choses qui rachètent, qui sauvent une vie, toute vie, lui dis-je alors. De sa médiocrité, de sa banalité, de son néant. Qui lui confèrent une dignité, une grandeur peut-être, voire une beauté, "après-coup". L'une est négative, et l'autre "positive", si l'on veut. C'est le suicide et l'art."
L’Isolé Je n’ai plus les mots pour défendre ma vie. Je regarde le monde à travers une vitre épaisse et visqueuse. Ce n’est pas de la colère que vous voyez en moi, c’est une absence immense. Je suis là, simplement, au bout de mes forces, Et j'attends que la nuit efface ce visage que je ne reconnais plus. Le Chœur VIENS. RENDS LA TERRE. RENDS LE SOUFFLE ET LE SANG. Tu n’as rien à toi. Même pas ta détresse. TOUT SE REPREND. TERRE. GENOUX. CENDRE.
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