Guerres et paix

- Il n'y a rien de plus ennuyeux que la paix. Bien que personne ne souhaite aller en enfer, le paradis doit être intenable. Je me demande parfois si tout ces bonnes gens qui nous entourent ne souhaitent pas, secrètement, une bonne guerre, comme avant, bien affreuse, bien sanglante, tu vois ? Juste pour ressentir la troublante gaieté de la voir finir un jour. Un peu comme cette histoire du type qui portait des chaussures trop petites la journée, pour mieux goûter, le soir venu, le bonheur de les enlever... Rêver d'être oppressé, envahi, pour pouvoir enfin vivre la grande joie de la libération !

- C'est tellement vrai, ce que tu dis. C'est comme les gens de gauche, qui ronchonnent et qui luttent : Si demain le temps des Cerises arrivait, ils seraient tout désorientés, déboussolés. Soudain désoeuvrés, n'ayant plus rien à contester ni à dénoncer, ils se retrouveraient seuls face au grand vide du monde, de leur vie et de leur âme. Je peux t'assurer qu'ils détesteraient ça ! D'ailleurs, j'ai toujours pensé que le rêve secret, inavoué, de Jean-Luc Mélenchon était d'être empereur. Ce qu'aime par-dessus tout ce mégalomane excessif, ce tribun de talent, c'est s'entendre parler, c'est l'effet qu'il se fait sur la scène du monde. Si les lendemains chantaient enfin, si l'espérance faisait place à un bonheur quotidien, mais il tomberait en dépression le cabotin ! Peut-être se reconvertirait-il dans le music-hall...

- C'est un petit peu comme pour le sexe. L'effet le plus sûr de la libération sexuelle, qui était souhaitable bien évidemment, est sans conteste l'immense ennui qui l'a suivi. Tombés dans la pornographie, les hommes, plus bridés par rien, ne désiraient aussi plus rien. Je veux dire avec fougue, avec rage, avec passion. On sait bien que c'est l'obstacle, l'interdit qui suscite l'envie, l'obsession. Quand une femme difficile cède finalement aux avances insistantes et répétées de son prétendant, elle le perd aussitôt, c'est une loi, c'est une règle. L'homme a le goût du drame, du crime, du viol, de la guerre et du malheur. En temps de paix, il rêve de carnage, c'est comme ça. Il commet d'ailleurs, en cachette, de menues infractions, parfois même des délits plus graves, pour s'occuper, pour s'étourdir, pour s'enflammer. Il arrive qu'il soit attrapé. Alors, commence le convenu bal des hypocrites mais dans le fond personne n'est dupe. Du reste, je me demande, existe-t-il en ce monde, à part toi et moi bien sûr...

- Bien sûr...

- Existe-t-il, disais-je, un seul véritable pacifiste ?

Commentaires

  1. Et Jésus, alors ? Vous ne croyez plus en lui ? Gredin !






    :----------)

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    1. Je suis un scélérat sans foi ni loi ! Je m'en repens...

      :-p

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