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Nathalie

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Quand j'étais enfant, jeune adolescent, j'étais amoureux de Nathalie Baye. J'adorais sa voix. J'aurais voulu qu'elle soit ma mère pour me lire des histoires le soir, comme de beaux préludes à mes insomnies. Ma vraie mère, attendrie, m'emmena donc la voir au théâtre, un soir qu'elle se produisait dans notre ville. Dans une pièce de Marivaux, je crois. A la fin de la représentation, elle insista pour que j'aille lui dire un mot. Quand ce fut mon tour de parler à la comédienne, rouge comme une pivoine, je balbutiais, les yeux sur mes chaussures : "j'ai vu tous vos films..." Et, armée de ce sourire qu'elle avait si beau et si tendre, elle me répondit, amusée et espiègle : " Ah, oui ? Vraiment tous ?"

Interlude

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Léo

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Gabriella & Elia

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Le rire du condamné

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Quand il comprit qu'elle le haïssait, souhaitait ardemment sa mort et oeuvrait à ça, souterrainement, depuis des années, toutes ses velléités suicidaires l'abandonnèrent. Il se dit qu'il allait vivre. Et longtemps, juste pour la faire chier. Il se délecterait même de la voir mourir avant lui. Cette haine farouche et totale enfin révélée lui fut, en quelque sorte, Salutaire.

Louise & Luigi

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Rien n'est fini

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La vie (sauve qui peut)

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Sauve qui peut La vie

Vieillard lubrique

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Vaut-il mieux être soi, coûte que coûte, quitte à se ridiculiser ou bien modérer sa folie afin de préserver un semblant de dignité ? Ma grand-mère avait un frère homosexuel. Bien sûr, personne n'en parlait, c'était un secret de Polichinelle. Ce type, du fin fond d'un autre âge, passait pour un original, et il l'était, mais il était surtout très attiré par les jeunes hommes, voire même les adolescents. Tous les jours, il prenait sa petite voiture sans permis et se rendait au centre commercial de son village pour papoter et faire le pitre avec la jeunesse inculte qui traînait là son désoeuvrement. Il était, on s'en doute, avec ses casquettes, ses marcels et ses bermudas, la risée et la mascotte des petits lascars, pas si dupes de son manège. Oui, il était vraiment affreux quand j'y pense ce vieillard libidineux et, jeune adolescent, il me dégoûtait un peu, me faisait vaguement pitié. Heureusement, je sais mieux me tenir que lui et feindre facilement d'être un ...

Ivre d'images 22

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Je n'ai pas le temps !

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N'avoir rien accompli / Mourir en surmené Alain Klingler. Je suis, j'ai toujours été, ce que les messieurs du monde d'avant appelaient un jeanfoutre, un incapable, un branleur. Bon à rien, mauvais en tout, je ne sais pas lire l'heure sur les cadrans, je ne sais pas faire mes lacets ni même visser une ampoule. Ma sensibilité malade, mon tempérament fiévreux, ne supporte aucune contrainte, aucun impératif. Si je dois poster une lettre, répondre à un courrier, faire une mise à jour ou payer une facture, je tombe en burn-out. Ma vie, la plus vide et monotone qui soit, me va toujours trop vite. Sans rien avoir à faire, vous me trouverez surchargé.  Dans la salle d'attente qu'est ma vie, je fais les cent pas en répétant : je n'ai pas le temps, je n'ai pas le temps !

Comment je me sens

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Aujourd'hui, je me sens comme un lunatique au soleil, un rêveur insomniaque, un cascadeur en porcelaine, une femme sans amants. Je me sens comme un nationaliste expatrié, un homosexuel au Sénégal, un dictateur sur la lune, un rockeur en Ehpad. Je me sens comme une victoire amère, une poupée sans tête ou une reine sans couronne. Je me sens comme un agent immobilier à la rue, un fêtard dépressif, un fanatique sans idole, une rue sans nom, un amour oublié. Je me sens comme un objet trouvé, comme une boussole perdue, une chaussette trouée ou un chewing-gum écrasé. Je me sens comme une nouveauté obsolète, un cocu infidèle, un cocktail sans alcool. Je me sens comme une guerre propre, comme une sale nuit, une tronche de cake ou une belle ordure. Je me sens like a motherless child , comme une pute au couvent, comme un lion dans une cage, un artiste sans oeuvre, un mélomane sourd.