Ah la la
Je suivais tout à l'heure les discussions sur un tchat public où un homme, intellectuellement bien au dessus de la faune présente, créait l'agitation. Tout en restant à peu près dans les clous, ses interventions étaient très méchantes et, comme il ne manquait pas d'esprit, étaient délicieuses. Il tira sur à peu près tout ce qui bougeait là puis, un peu lassé j'imagine, se retira. Son départ fut remarquable : un ennui affreux, accompagné d'une sorte de manque, tombèrent sur moi. Je suis, hélas, l'homme le plus seul et le plus désoeuvré du monde, alors je remarque ce genre de choses, elles influent sur mon humeur et mes pensées. Je constatais donc, encore une fois, que la vivacité d'esprit était souvent accompagnée de fiel, de perfidie. Je crus tout de même comprendre, en le lisant, que ce grinçant jeune homme, mais peut-être son profil mentait-il sur son âge, était du bord politique d'extrême droite, ce qui, malgré son talent et son charme, le rendait plutôt antipathique. Alors, que faisait-il en ce lieu si commun, si populaire, lui qui, visiblement, avait quelques lettres ? Souffrait-il, lui aussi, de solitude, d'isolement, comme la plupart de ceux qui traînaient là, jours et nuits, et qu'il brocardait avec talent ? En tout cas, son énergie était impressionnante et sa haine intacte. Il était tout à fait, pensais-je, du coté du vivant. Moi, je n'étais plus bon qu'à sourire de tout cela, en silence, bien à l'abri derrière mon écran. J'avais même presque failli avoir un fou rire à un moment, mais dans le fond je le trouvais détestable et mon amitié allait franchement aux petits mecs fragiles qu'il fustigeait. J'ai toujours préféré la bonté, la générosité, fut-elle naïve, à la hargne, fut-elle stylée. Et si, ces jeunes personnes m'ennuyaient un peu à moi aussi, je leur trouvais, de mon coté, mille excuses, d'être là, d'exister et d'être, pourquoi pas, un peu sots.

Commentaires
Enregistrer un commentaire